La possession du degré d’autonomie chez les vivants

Philippe Dalleur

DOI: http://dx.doi.org/10.12775/SetF.2015.006

Abstract


The possession of degree of autonomy in living beings

In the numerous attempts to define the concept of life, the use of prefixes like “self”, “auto” appears recurrently. This shows the fundamental importance attached to autonomy among the living beings. The author first analyzes the various types and degrees of autonomy, beginning from some contemporary thinkers, like Jonas, Morin, Varela, Davies, Wandschneider; and afterwards, the various types of systemic autonomy are compared with the four systemic levels of contemporary biological theories (genetics, cytology, cybernetics, evolution / ecology). The dependent autonomy of morphogenesis relative to the genetic level is presented as a paradigm of systemic autonomy. Stratified emergence and relative containment of systemic levels and their causal interdependencies (upward and downward), reveal life’s tendency to increase and maximize autonomous levels. A study of individual autonomy is also presented and developed around the concepts of feedback and feed-forwards, homeostasis, motor and feeding autonomy, to develop more fully towards the emancipation and exploratory autonomies, as self-determinacies. These types of higher autonomies are the result of several properties, especially the equipotentiality related to attractors exhibiting flat spread basins of attraction. These properties are shaped by the lower functional levels as logistical granting for autonomous decision-making capability at the higher level. The author follows Jonas’ theory affirming the intrinsic tendency of living systems to produce increasingly refined autonomies, whose supreme analog degree is found in human freedom. So, autonomy is presented as an analog concept applicable to all living, biological and spiritual.

Résumé. Dans les nombreuses tentatives de définition du concept de vie, l’emploi de préfixes comme «self», «auto» apparaît de façon récurrente. Ce constat montre l’importance fondamentale accordée à l’autonomie chez les vivants. L’auteur se propose dans un premier temps d’analyser les divers types et degrés d’autonomie à partir de certains penseurs contemporains, comme Jonas, Morin, Varela, Davies, Wandschneider. Ensuite, les divers types d’autonomie systémique sont mis en parallèle avec les quatre niveaux de théories biologiques contemporaines (génétique, cytologie, cybernétique, évolution/écologie). L’autonomie dépendante de la morphogenèse par rapport au niveau génétique est présentée comme un paradigme de l’autonomie systémique. L’émergence stratifiée et le confinement relatif des niveaux systémiques, ainsi que leurs interdépendances causales (upward et downward), révèlent une tendance vitale à augmenter et maximiser l’autonomie. L’étude des autonomies individuelles est alors présentée, et s’élabore autour des notions de feedbacks et de feed-forwards, d’homéostasie, d’autonomie motrice et trophique, pour se développer plus pleinement vers les autonomies émancipatrices et exploratrices, proprement autodéterminatrices. Ces derniers types d’autonomies supérieures résultent de propriétés, spécialement l’équipotentialité liée à des attracteurs à bassins d’attraction plats étendus. Ces propriétés sont forgées par les niveaux inférieurs, en tant que logistique octroyant une capacité décisionnelle autonome au niveau supérieur. L’auteur suit la théorie de Jonas affirmant la tendance intrinsèque des systèmes vivants à produire des autonomies de plus en plus raffinées, dont le degré analogique suprême se trouve dans la liberté humaine. Ainsi l’autonomie est présentée comme un concept analogique applicable à tous les vivants, biologiques et spirituels.

Mots clés: autonomie ; liberté ; autopoièse ; biologie ; système ; attracteur ; complexité ; vie ; Jonas ; Thom ; autodétermination ; autocontrôle ; épigénétique ; individu ; émergence ; causalité descendante ; système à anticipation.


Keywords


autonomy; freedom; autopoiesis; biology; system; attractor; complexity; life; Jonas; Thom; self-determination; self-control; epigenetic; individual; emergence; downward causation; feed-forward

Full Text:

PDF (Français)

References


Aristote, De anima.

Augustin, Confessions.

Dalleur, P. 2008. “Finalité, téléologie et progrès en Biologie.” Acta Philosophica, 17(1): 43-86.

Dalleur, P. 2006. “Fécondité de la notion de «bord» des formes vivantes chez Thom.” Revue philosophique de Louvain, 104 (2): 312-346.

Davies, P. 2003. The Origin of Life. London: Penguin Books.

Heylighen, F. 2008. “Complexity and Self-organization.” In Encyclopedia of Library and Information Sciences, edited by M. J. Bates and M. N. Maack, 1215-1224. New York: Taylor and Francis.

Jablonka, E., and Lamb M.J. 2006. Evolution in Four Dimensions. Genetic, Epigenetic, Behavioral, and Symbolic Variation in the History of Life. Boston, MA: MIT press.

Jonas, H. 2001. The Phenomenon of Life: Toward a Philosophical Biology. Noyes St. Evanston, IL: Northwestern University Press.

Monod, J. 1973. Le Hasard et la Nécessité. Paris: Seuil.

Morin, E. 1980. La Méthode. 2 – La Vie de la Vie. Paris: Seuil.

Fortin, R. 2005. Comprendre la complexité: introduction à La Méthode d'Edgar Morin. Québec: Presses Université Laval.

Pichot, A. 1993. Histoire de la notion de vie. Paris: Gallimard.

Thom, R. 1980. Modèles mathématiques de la morphogenèse. Paris: Christian Bourgeois.

Schrödinger, E. 1944. What is Life? Cambridge: Cambridge University Press.

Varela, F. J. 1997. “Patterns of life: Intertwining identity and cognition.” Brain and Cognition 34(1): 72-87.

Wandschneider, D. 2005. “On the Problem of Direction and Goal in Biological Evolution.” In Darwinism and Philosophy, edited by V. Hösle and C. Illies, 196-215. Notre-Dame, IN: University of Notre-Dame.








ISSN 2300-7648 (print)
ISSN 2353-5636 (online)

Partnerzy platformy czasopism